

Suite à la disparition d'un planchiste expérimenté, la communauté internet des planchistes s'est beaucoup interrogée sur les règles de sécurité.
1. Avant de partir.
Avant de se jeter à l'eau, il faut avant tout se demander si l'on se met ou non en danger. Évitez de cumulez les situations à risque :
- Matériel inadapté
- Vent offshore
- Température <12°
- Vent fort ( >5 beauforts)
- Houle prévue
- Courant (attention les courants sont propres à chaque spot et dépendent des marées)
- Naviguer seul
- Mer ouverte
- Naviguer sous grain
- Mauvaise condition physique (nuit blanche, maladie, etc...)Les deux premiers critères sont quasi-rédhibitoires. Naviguer dans de grosses conditions surtoilées ne vous mènera qu'à la catastrophe. Il est malgré tout possible de naviguer avec un flotteur un peu trop gros. D'autre part ne naviguez par vent offshore que s'il existe une sécurité sur le spot (ex : club nautique) avec un temps clair et des conditions par ailleurs parfaites. Dans un mètre de houle, vous serez quasi impossibles à repérer en cas de problème.
Ensuite comptez le nombre de facteurs de risque. Comptez deux fois le fait de naviguer seul :
- A 3, la situation est gérable.
- A 4, c'est risqué.
- A 5 et 6, il faut être bon.
- A 7 et au-delà, restez chez vous.Bernard (Surfthewave) nous propose un autre tableau qui permet d'évaluer le risque que l'on prend. Le but n'est évidemment pas de faire péter le hi-score !
2. Ne pas se mettre en danger.
Avant de vous retrouver en difficulté, il faut vous poser la question de savoir où vous allez atterrir en cas de casse ou de blessure. Il n'est pas prudent de démarrer juste au vent de rochers, mieux vaut remonter plus haut à pied avant de partir. Évitez les bords à 2km du large. Ne perdez pas de vue que la planche à voile est un accessoire de plage et non une embarcation. Évaluez votre niveau avec lucidité. Réussir un waterstart en lac, c'est une chose, mais le faire dans une mer agitée en est une autre, surtout si pendant ce temps le courant vous fait dériver vers une digue ou des rochers. Si vous sentez que vous êtes un peu justes en niveau ne vous éloignez pas du bord et restez dans la barre, à bosser le waterstart et le passage de mousses.
La première règle de secours en mer est de d'abord compter sur soi-même avant. La seconde est de se surveiller les uns les autres. Ne vous fiez pourtant pas à l'apparente sécurité que procure la présence de nombreux planchistes. On ne se rend compte qu'un collègue ne manque souvent que bien tard. Si vous voulez vous éloigner et tirer des bords au loin, faites-le en binôme et ne vous perdez pas de vue.
Assurez-vous aussi de savoir nager correctement. Savoir faire 2 Km en piscine (80 longueurs) est un bon objectif et vous sauvera peut-être la mise à l'occasion.
3. Que faire en cas de pépin ?
- En tout premier lieu, gardez votre sang-froid. La panique est votre pire ennemie. La plupart des coups durs se terminent bien, alors n'handicapez pas vos chances en vous épuisant ou en abandonnant votre matériel sur un coup de panique.
- Évaluez votre situation et tentez de revenir à terre sans compter sur une hypothétique aide extérieure. Ne visez pas votre point de départ mais le chemin le plus court qui vous ramène à la sécurité, même si c'est une plage plus loin.
- Ne luttez jamais contre le courant, essayez de l'utiliser et dirigez-vous vers là où il vous emmène.
- Au cas où il vous serait impossible de revenir à terre : casse, blessure, laissez votre gréement à l'eau comme ancre flottante qui limitera votre dérive.
- Conservez l'ensemble de votre matériel. Le flotteur vous servira de bouée. Ne l'abandonnez sous aucun prétexte. Dégréez dans l'eau et roulez la voile. Un lambeau de monofilm peut vous protégez du vent si votre séjour dans l'eau se prolongeait. Un morceau de mat peut servir de pagaie. Si vous passez la nuit sur votre flotteur, attachez vous avec tout ce que vous pouvez : boute, tire-veille. A la limite, vous pouvez abandonner le wishbone s'il est vraiment trop encombrant et que votre voile est déchirée.
- Essayez de conserver votre chaleur corporelle. Vote pire ennemie est l'hypothermie. La position qui permet une meilleure conservation de la chaleur est la position foetale. Enveloppez vous de la voile roulée pour vous isoler du vent.
4. Cas particuliers.
- Le grain :
Pendant un grain, le ciel devient noir, la pluie tombe parfois de manière très cinglante et le vent forcit d'un voire de deux beauforts. Cette situation ne va pas durer et est en général suivie d'une dévente qui peut durer plusieurs dizaine de minutes. Si le vous êtes complètement à la rue et que le retour n'est pas possible, restez calme et attendez que cela mollisse. Ne vous faites pas retourner 30 fois au waterstart en perdant vos forces. Saisissez le bon moment pour repartir sans attendre qu'il n'y ait plus du tout de vent.- La casse de mat :
La plupart du temps, le mat se brise au dessus du wishbone. Il est possible d'utiliser la partie haute du mat. Il faut pour cela extraire la partie haute du fourreau de voile, le retourner et emmanchez la tête du mat dans la partie cassée, qui est plus large. Ceci formera un gréement de fortune.- La casse du wishbone :
Il est possible de naviguer avec un demi wish. Si malheureusement la chute a eu lieu sur le bord retour, défaites complètement le wish et retournez-le (tête en bas). Vous avez maintenant face à vous la partie saine du wishbone.- La casse du tendon :
Il y a de petits boutes de secours autour du tendon. Ils vous permettront de rentrer à terre, même si le pont de la planche peut être défoncé par le gréement qui tape dessus. Si les boutes ont eux aussi cédé, utilisez un boute que vous coincez sous le pied de mat en l'attachant à la vis du pied de mat puis en le passant dans les poulies de l'embase du mat.
5. Equipement de sécurité.
Les indispensables :
- Une combinaison adaptée à la saison. Votre temps de survie est directement lié à votre capacité à conserver votre chaleur corporelle. Ici un lien sur la survie en eau froide.
- Un boute de secours autour de la barre de harnais. Il vous servira à remplacer un boute cassé, un tendon, à remorquer ou vous faire remorquer ... Bref l'indispensable qui prend pas de place.
- Le casque évitera le trauma crânien, surtout en vagues. Perte de connaissance = noyadeLes optionnels :
- Gilet de flottaison : attention, les équipements vendu sous ce terme ne sont pas des gilets de sauvetages. C'est-à-dire qu'ils ne maintiennent pas la tête hors de l'eau en cas de perte de connaissance. Ils donnent cependant un bon de coup de pouce pour nager, protègent des impacts thoraciques (fréquents) et conservent la chaleur.
- Téléphone portable dans une pochette étanche : la couverture des réseaux porte au-delà des plages et vous permettra d'alerter les secours.
- Radio. Attention : de nombreux modèles existent, plus ou moins encombrants et plus ou moins fonctionnels. A réserver aux avertis (dont je ne fais pas partie)
- Fusées de détresse : a ranger dans les tubes du wish ou autour de la barre de harnais. Attendez de voir les secours ou bien la nuit pour les tirer.
- Lampes à éclat : Permet d'être repéré. Meilleure autonomie que les fusées.
- Sifflet. On en trouve dans certains gilets de flottaison.
Liens :
Le topic sécurité sur windsurfing33
Les consignes de sécurité spécial windsurf selon La Royal National Lifeboat Institution.