

Une fois gréée, on s'aperçoit que sa planche à voile se règle à plusieurs endroits. Passons en revue les différents points.
1. Le flotteur.
- Position des straps. Jetez un oeil sur vos foot straps. Ils se démontent facilement avec un tournevis et peuvent être montés à plusieurs endroits sur la planche. Montez les 2 straps avant en position la plus proche possible du pied de mat. Montez un seul strap à l'arrière en position centrale, là encore, le plus avancé possible. Quand vous maîtriserez bien le chaussage des straps avant et arrière vous pourrez les reculer et en remettre deux en position excentrée à l'arrière pour avoir plus de puissance.
- Écartement : laissez un écartement entre les straps adapté à votre morphologie. Par exemple, des straps trop rapprochés handicaperont votre équilibre.
- Taille des straps. Il vous faut pouvoir les chausser et les déchausser facilement, comme des mules. Réglez l'écartement pour que votre pied ne frotte pas ni ne soit libre une fois dedans. Ajustez la hauteur pour qu'une fois chaussé, le strap soit positionné au-dessus de vos métatarses (sous le coup de pied).
- Le pied de mat. Mettez le au milieu du rail. Si votre planche se cabre et que vous la contrôlez difficilement au planning, ravancez-le. Grossièrement, il faut le ravancer pour des voiles plus grandes ou pour coller plus à l'eau et le reculer pour partir plus tôt au planning.
- Attention. Si votre planche a été fabriquée avec la technologie sandwich, il y a dessus une vis de "décompression". Cette vis permet d'aérer l'intérieur de son flotteur pour éviter qu'en cas de fortes différences de pression entre l'intérieur et l'extérieur (par exemple en cas de voyage en avion ou en cas de stockage prolongé dans une voiture au soleil) le revêtement de la planche ne se délamine. Sauf dans les 2 cas cités au-dessus, laissez la fermée en permanence. Si, par malheur, vous allez naviguer avec la vis ouverte, de l'eau va pénétrer dans le flotteur, imbiber la mousse à l'intérieur et alourdir votre flotteur, ce qui va complètement gâcher ses caractéristiques, voire le rendre innavigable. Certains clubs de voile plombent cette vis pour éviter les âneries.
2. Le gréement.
- Tension au pied de mat (amure). Globalement, et pour la plupart des voiles actuelles, il faut infliger à la voile la tension maximum au pied de mat. Pour cela, gréez votre voile sans le wish, puis mettez le wish. Tirez légèrement le boute entre l'oeillet et le bout du wishbone (l'écoute), juste pour mettre un peu de tension (2-3 cm). Retournez au pied de mat et tirez à nouveau à mort le boute à l'amure. Sur certaines voiles, le profil s'inverse alors. La voile doit avoir un beau profil. Laissez votre voile au sol, posez votre pied sur le pied de mat et faites levier pour décoller la tête de la voile. Le coté de la voile opposé au mat (la chute) doit battre un peu de manière libre. On dit qu'elle mollit ou qu'elle dégueule. Ceci permet de faire un peu comme une soupape qui s'ouvre lors des surventes pour éviter que la voile ne soit trop puissante. Il est primordial d'avoir une voile bien gréée avec une bonne tension à l'amure, sans quoi la voile fait "sac", se retourne difficilement, se montre trop puissante à basse vitesse et se déforme à pleine vitesse. Sur la photo ci-contre, le haut de ma voile bat mollement, comme l'attestent les plis qui pénètrent en V jusqu'aux repères (uniquement sur les voiles North). Visitez cette page si étarquer à l'amure vous parait trop dur.
- Tension au bout du wish (écoute). La tension doit être moyenne. Tendez juste assez pour que la voile ne touche pas le wish quand on appuie sur la voile et que le passage des lattes se fasse aisément. Si vous ne tendez pas assez, la voile va avoir un creux trop prononcé qui arrache les bras au démarrage sans donner plus de puissance à pleine vitesse. Si, au contraire, la voile est trop plate, elle ne "respire" pas assez, accélère peu et est moins réactive.
- Hauteur du wishbone. A peu près au niveau des épaules. Avec un wish bas, vous aurez moins de bras de levier pour tirer sur la voile, mais la position sera peut-être plus ergonomique et vous donnera plus de force. Avec un wish haut, vous avez plus de levier mais travailler les bras en l'air vous donne en général moins de force. Il n'y a pas vraiment de règle. Certain vous diront de positionner le wish haut, d'autres, bas. Personnellement, j'ai trouvé plus faciles les manoeuvres avec un wish bas au début, puis je l'ai remonté pour avoir plus de contrôle avec le harnais au planning. Dans l'ensemble, je préfère naviguer avec un wish bas.
-Position des boutes de harnais. Le but à atteindre en positionnant ses boutes de harnais est qu'une fois le harnais accroché, la voile se tienne en équilibre sans les mains. Perso, je n'y suis jamais arrivé, mais je l'ai vu faire. Peut-être aussi que je n'ai pas les bollocks pour lâcher ma voile. Ca doit être ça, en fait. Bref. Approximativement, positionnez le premier point d'ancrage à 2 mains écartées de la poignée du wishbone, puis le deuxième point à une main écartée de là. Levez la voile sur la plage, et essayez de tenir la voile d'une seule main au milieu de la boucle, sur le wish ou le boute. Réglez les boutes au fur et à mesure si la voile part dans un sens ou dans l'autre. Sachez que le réglage en statique, sur la plage, n'est pas tout à fait valable et qu'il vous faudra affiner en navigation. D'autre part, à pleine vitesse, la poussée vélique n'est pas tout à fait non plus la même qu'à bas régime. Il vous faudra trouver le réglage idéal par essais : si vous devez compensez en permanence avec la main arrière, reculez vos boutes, tandis que si c'est la main avant qui travaille le plus, ravancez-les. L'écartement joue aussi. Des boucles serrées permettent un contrôle plus aisé, tandis que des boucles larges offrent une meilleure stabilité. Une fois que vous êtes satisfaits de votre réglage, mettez des bouts de scotch sur votre wish pour marquer la position des boutes, surtout si vous utilisez plusieurs voiles sur le même wish. Vous pouvez aussi faire des marques au cutter ou au marqueur, si vous voulez donner un genre "encoches sur crosse de colt". Sur la photo, les scotchs marquent la position des boutes pour une autre voile.
3. Faites preuve de mesure
Les réglages exagérés (wishbone sous les aisselles ou au-delà du front, voile très creuse ou complètement plate, etc...) - hormis pour la tension à l'amure - fonctionnent rarement. Tentez des réglages caricaturaux pour voir l'effet, mais revenez à des réglages intermédiaires pour naviguer dans de bonnes conditions.
Évitez de tout régler différemment à chaque navigation/bord : vous vous y perdrez et ne saurez pas trier les effets des différents changements. Tentez un seul changement de réglage à la fois.
Ces réglages s'appliquent pour des débutants et il faut les adapter selon le ressenti que l'on a. Si un réglage convient à 90% des pratiquants mais pas à vous, prenez les réglage qui vous conviennent et, éventuellement, expérimentez d'autres réglages si vous sentez que vous plafonnez. Sachez que des réglages confortables à bas régime le seront sans doute moins lorsque vous serez fonçant pleine balle, les pieds dans les straps : attendez-vous donc à devoir les modifier avec votre niveau.
Parmi tous ces réglages, ne négligez pas le réglage des boutes de harnais. Certes, ce sont les plus durs à trouver, mais ils sont très importants lors de la navigation au planing parce que naviguer avec des boutes déréglés est le meilleur moyen de gâcher une session.