1. Introduction.

Les meilleures sessions pour un débutant sont celles où le vent monte graduellement. En règle générale, les premières expériences de planing ont lieu de manière involontaire. Le pratiquant navigue comme d'habitude, il se rend compte que le vent est fort mais il décide de tenir bon. Il tient, tient, et finalement ... plane.

Pour lire la suite, je vous conseille de vous reporter au glossaire.

Le planing a lieu quand la planche a déjaugé. Le déjaugeage, c'est quand la planche s'arrache de l'eau. A ce moment, seul l'arrière de la planche est mouillé, le pied de mat est au-dessus de l'eau et le planing démarre. Le contrôle est alors très fin, la planche ne se dirige plus par l'action d'essuie-glace de la voile mais grâce aux appuis. On pousse sur la pointe des pieds (gîte) pour descendre dans le lit du vent et on appuie sur les talons (contre-gîte) pour remonter au vent.

Maintenant que vous savez ce qu'on appelle le planing, il va falloir le chercher.

 

2. Ce qu'il faut cesser de faire.

Commençons par les éléments qui s'opposent au planing et qu'il va falloir corriger :

- Si vous fermez votre voile latéralement tout en vous tenant sur la planche comme un cheval qui freine des quatre fers vous allez d'une part tuer la puissance de la voile et d'autre part vous fatiguer rapidement en étant le maillon qui encaisse cette puissance.

- Vous avez compris que plus le vent monte, et plus il faut se reculer sur la planche pour contenir le gréement. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que c'est la force du vent qui doit conditionner votre position. Si vous reculez trop tôt, vous allez enfoncer l'arrière de la planche et provoquer un lof qui vous fera au mieux perdre votre vitesse, au pire vous scotcher nez au vent.

- Si vous restez au travers, vous avez peu de chances de planer. Votre seule chance sera qu'une rafale vous envoie au largue, provoquant le déjaugeage. Au pire, en restant au travers, vous allez vous retrouver surtoilé et votre voile, pincée par le vent, va changer de comportement, se mettre à contre et se plaquer contre vous. Pour éviter cela, il va falloir renoncer au terrain que vous avez péniblement gagné en tirant des bords au près, et partir au largue. Vous verrez avec la pratique qu'une fois au planing, vous arriverez à remonter facilement au vent et récupérer en fin de bord le terrain que vous avez perdu au début.




Voici le type de trajectoire que vous allez faire au planing.

L'abattée du départ est largement compensée par la remontée au planing en fin de bord

 

 

3. Ce qu'il faut faire.

Lorsque le vent monte, donc, il faut transmettre l'énergie de la voile dans le flotteur. Si vous fermez la voile en tirant comme une mule les deux jambes bien droites, vous transmettez toute l'énergie perpendiculairement à la marche. Pour accélérer, il faut commencer par faire plus face à son gréement. La tête ne doit plus être tournée à 90° sur l'axe des épaules avec les épaules parallèles à la planche, mais au contraire, en partant du bas :

- Le pied avant à 45° avec la planche,
- Le bassin dans l'axe du pied avant, la jambe bien tendue pour un maximum de poussée,
- Le torse droit,
- Les épaules droites aussi qui les font se placer à 45° avec l'axe de la planche,
- La tête à 45° avec les épaules pour regarder droit devant. Une fois lancé, vous pourrez regarder plus haut sur le plan d'eau pour voir les risées, mais pas avant.

Le corps est bas, bien tendu pour résister à la traction du gréement et imprimer la poussée au flotteur selon l'axe du pied avant. Dans le même temps, abattez votre voile.

 

 

 

 


Position relative du regard, des pieds, de la planche et de la voile lors du départ au planing.

 

 

 

 

 

 

Si vous êtes à l'aise avec le harnais, c'est le moment de l'accrocher pour soulager vos appuis. Ensuite, vous allez abaisser votre centre de gravité en vous pendant au wishbone, dans la même position que si vous vous apprêtiez à vous lancer dans un toboggan aquatique, fesses basses et jambe avant poussant la planche dans l'axe du pied.

Le fait d'avoir la jambe avant quasiment dans l'axe du vent va vous permettre de résister à la propulsion de la voile. Vous remarquez aussi que la voile est quasiment dans la même position qu'en navigation vent arrière. Au final, vous devez avoir le gréement bien plus dans votre champs de vision.

Puis, au fur et à mesure que vous déjaugez, vous bordez de plus en plus fort avec la main arrière tout en vous asseyant dans votre harnais. Si le vent est assez fort (attention, s'il est limite, vous allez surborder et gâcher toute votre vitesse) vous êtes au planning avec juste la partie sous les straps dans l'eau et les straps vous font face, ou presque.

Si vous n'avez pas encore accroché le harnais, c'est le moment de le faire.

 

4. Le strap avant.

Il est tout à fait possible de planer sans avoir les pieds dans les foot straps. Cependant, à partir du moment où vous êtes accrochés au harnais, vous êtes à la merci d'une rafale qui vous catapultera sur le nez de la planche.

Pour chausser le strap avant, donnez une méchante accélération en abattant et en poussant avec le pied avant. Par rapport à votre corps (et surtout à votre bassin), la planche va avancer sous vous. Profitez en pour reculer votre pied avant et chaussez le strap sans coup férir. Dans les premiers temps, jetez un rapide coup d'oeil pour viser le strap, mais, comme pour le harnais, habituez vous à le faire sans regarder. Une fois le strap chaussé, repositionnez le pied arrière devant son strap et reprenez une allure de travers.

Restez réactifs sur la planche et inclinant votre centre de gravité vers l'avant ou l'arrière de la planche selon les variations du vent. Si vous passez dans une "molle", n'hésitez pas à sortir votre pied du strap et à revenir plus près du pied de mat pour ne pas tomber à la renverse.

 

5. Le strap arrière

Le strap arrière est à chausser si vous êtes au taquet.

Pour le chausser, positionnez votre pied juste devant le strap, contre lui. Redressez vous un instant, pour éviter de porter votre poids sur l'arrière de la planche (et lofer), et chaussez. 90% du temps, l'appui sur le pied arrière doit être aussi léger que possible. Ce pied ne sert qu'à orienter la planche, soit en appui talon pour remonter au vent (Cf. Contrôle ci-dessous), soit en traction du bas vers le haut pour replaquer la planche lorsque celle-ci se cabre, soit en traction de l'avant vers l'arrière pour ramener l'arrière du flotteur vers soi et contrecarrer un lof involontaire.

Pour garder un appui léger sur le pied arrière, faites peser votre poids sur le gréement, avec le harnais ou en vous pendant au wishbone, et poussez avec le pied avant en un mouvement d'abattée.

 

6. Le contrôle

Pour descendre dans le vent, poussez avec le pied avant et tirez sur le pied arrière.
Pour remonter au vent, mettez les pieds en canard dans les straps.

Attention à ne pas exercer de gîte ou de contre-gîte trop forte qui va planter le rail de la planche.

 

7. Conseils

- Ne surbordez pas, cela va tuer la puissance de la voile.

- Maintenez l'assiette de la planche bien à plat grâce à l'appui des pieds. Poussez en permanence avec le pied avant et relevez les orteils du pied arrière pour plaquer la planche sur l'eau.

- Une fois au planing les deux pieds dans les straps, bordez progressivement jusqu'à ramener la bordure (le bas) de la voile sur le pont de la planche. Attention, si vous faites cela alors que le vent est limite, vous allez lofer et perdre le planing

- N'anticipez pas votre position sur la planche : si vous reculez trop alors que vous n'avez pas assez de vitesse acquise, vous allez provoquer ce maudit lof.

- Si l'abattée ne vous fait pas assez déjauger, c'est que le vent n'est pas assez fort. Ne vous obstinez pas, car cette position va vous faire descendre assez loin dans le vent.