Mercredi 13 et jeudi 14 octobre. De bonnes prévisions pour cette semaine encore. Entre 10 et 14 noeuds de prévus pour les deux jours, un peu plus le mercredi, un peu moins le jeudi. J'enfourche donc Paulo, mon fidèle destrier et je vais à Jabline pour une orientation de sud. Mercredi, j'arrive un peu après la bataille et je planouille doucement en 8m20. Rien de bien formidable donc, du coup je rentre un peu plus tôt que prévu. Le lendemain, encore moins de vent prévu, il me prends une grosse flemme de charger la voiture avec ma deuxieme voile, et je ne prends que ma 8m20, laissant ma 6m30 dans le box.
En arrivant à la plage, j'ai quasiment envie de pleurer : il y a a un bon force 4 établi. Je sais que ma 8m20 est trop grande et qu'en plus je ne peux pas dire que je la maitrise assez pour naviguer "surtoilé", c'est à dire avec une surface trop élevée par rapport à la force du vent. Revenir à la maison me fait perdre 3/4 d'heure. Je pese le pour, le contre, regarde le plan d'eau, les autres planchistes qui gréent du 6 ou 7m, espere que ca va descendre un peu (on croit réver !), et grée quand même cette rognutudju de voile qui va m'arracher les bras, c'est sûr. Mise à l'eau à reculons, je passe une demi-heure au bord à m'entrainer au beachstart. J'y arrive jusqu'en haut des cuisses par force 4, je n'aurais pas tout perdu, au moins. Finalement, je me lance, et ce qui devait arriver arrive : après un bord lancé à pleine balle pied avant dans le strap, je me viande dans une rafale et je reste plaqué dans l'eau par le vent au milieu du lac. Je tente le waterstart: rien à faire ... Je me résigne à relever au tire-veille et repars. Je joue à ce petit jeu pendant une heure, au bout de laquelle j'en ai marre et je rentre. Au passage, je vérifie sur UK wind map le vent de l'après-midi, et je constate qu'on a eu du 15 à 18 noeuds. J'ai bien gaché ma journée, si j'avais pris dix secondes pour mettre ma 6,30 dans la voiture, je me serais éclaté.
Au moment où je tape ces lignes, je m'apperçois que j'aurais mieux fait de faire demi-tour, et de revenir avec la voile adaptée. Bon, demain,je vais à Vaires, de 12 à 15 noeuds d'Est-Sud-Est prévus, j'espere me tirer des purs bords au largue
27 octobre. 8° atmosphérique, 12 à 14 noeuds d'est prévus. Je vais à Vaires avec mes deux voiles, et je grée la plus petite; j'en ai marre d'utiliser la grande qui me parait lourde, pour laquelle je suis obligé d'avancer le pied de mat au maximum, ce qui fait couler l'avant de la planche lors des virements de bords et rend la chose plus compliquée. Je pense que j'ai là un problême de positionnement des pieds, mais je n'ai pas vraiment envie de me concentrer là-dessus. L'heure est à l'apprentissage des straps, ce qui est nettement plus excitant. Hier soir, j'ai bien consulté Guy Cribb INtuition sur les straps (voir ma section liens) et je vais tenter ce qu'il conseille. A savoir notament se pendre au wish, le centre de gravité bien bas, presque en position assise tel l'oran-outang à son pneu Uniroyal, et faisant glisser la planche vers l'avant pour gagner en déjaugeage et accélération. Donc une fois harnaché, je vais à l'eau. Je suis un peu "sous-toilé" (c'est-à-dire avec une voile trop petite pour la force du vent) et soudain, le vent monte. Je tente donc la technique du Missing Link et, miracle, je chausse le pied, sans le harnais. Je me tire un bord entier au planning confortablement dans le strap avant, c'est terrible ! J'arrive au bout, demi-tour et je remonte au vent. Je retire un bord dans le même sens que le premier, au largue, mais cette fois-ci avec le harnais. Problême : la boucle de harnais quitte 2 fois le boute de harnais et je me retrouve avec une voile libre que je ne tiens plus qu'aux bras. Pour le bord suivant, je décide de plus compter sur le harnais pour tenir la voile et moins sur mes bras, ceci pour éviter qu'au moindre clapot, la planche décolle et que le harnais sorte de son bout. Là encore, un peu de confiance en moi et c'est la réussite. Je tire ainsi quelques bords, l'aller au planning au largue, le retour à remonter au près pour ne pas partir à 1km dans le vent, accroché au harnais et le pied dans le strap. Je n'évite pourtant pas quelques catapultes bien sévères dans des rafales plus violentes. Au bout de 3/4 d'heure - une heure, le vent redescend petit à petit et je suis de nouveau sous-toilé. Je rentre à la voiture (au près) pour changer de voile. Je perds presque une heure à grignotter un Prince, dégréer 6m et regréer 8, notament à cause du mat qui s'était en partie déboité dans le fourreau et qu'il m'a fallu ressortir pour le remboiter. Si j'étais parti navigué comme ça, il y avait de bonnes chances pour que je pete le mat au niveau de la jonction des deux parties. Malheureusement, le vent est encore plus retombé et quand je retourne à l'eau, il n'y a plus grand chose. Je décide donc de rentrer.
Je fais le bilan : je m'éclate bien plus avec ma petite voile que la grande, j'ai pu strapper et la cagoule tient vraiment bien chaud même si ça gene quand même les mouvements et la perception. Bref, une bonne après-midi.
13 novembre 2004. Cela fait maintenant 15 jours que je n'ai pas navigué. Le vent n'arrive pas à monter, tandis que la température descend lentement mais surement. Les jours raccourcissent aussi, et grâce au retour à l'horaire d'hiver il fait nuit dès 17h30. Dans ces conditions, cela va devenir difficile de sortir souvent ... Au chapitre des changements, j'ai acheté une voile de 7m30, trouvant ma 8m20 trop grande et trop lourde pour mon gabarit, ma planche, et mon niveau. Ce jour, un samedi, je vois 12 noeuds de prévus par nord. Je me tente une petite session à Cergy avec ma nouvelle acquisition. Il fait froid, dans les 8 à 10° et je trouve un bon force 3 une fois sur place. Je grée ma nouvelle voile pour la deuxieme fois, après un coup d'essai dans mon jardin. C'est une north bourrée de repères visuels qui facilite la vie du débutant que je suis. Je vais à l'eau bien gréé (ça me change) et je prends un gros pied, alternant les bords au planning et les remontées au près. La voile est légère, elle ne m'arrache pas quand je ne suis pas au planning et je prends autant de plaisir avec qu'avec ma petite 6,30. Je réussis 1 virement de bord sur 2. Au bout d'une heure trente, je commence à être crevé, n'ayant navigué qu'une seule fois en un mois, et, la fatigue aidant, j'ai froid. Je ne tente pas le diable et je rejoints la plage. Le diable cherchant pour sa part à me tenter, je vois de belles risées alors que je n'ai pas encore remballé. Je fais fi de ses avances et je dégrée sagement car je sais que j'ai une aptitude (sur)naturelle à transformer une bonne journée en plan merdique. Au retour en voiture, il pleut, j'ai bien fait.
Le lendemain, je suis perclus de courbatures.
12eme partie : Conclusion.
Cela fait bientôt un an que je me suis mis à la planche. J'ai décidé de stopper là ce carnet de bord, car il devient de moins en moins interressant à écrire, et sans doute aussi de moins en moins interressant à lire. Je ne suis plus un débutant complet, et j'ai acquis les bases du funboard. Je n'ai plus le même besoin désespéré d'apprendre, je choisis plus mes jours de navigation, ma progression est plus lente et relève plus du perfectionnement que de l'acquisition de gestes. J'espère que la lecture de ces pages vous aura autant amusé que moi.
Bon vent à tous et que la naish force soit avec vous.