9eme partie : Quand le beau temps s'en mele.
15 juillet - 15 aout : Il fait beau, il fait chaud, il n'y a pas de vent. Ou si peu qu'il faudrait du matériel de formula (grand volume et surface de voile>10m²) pour en profiter. Je n'ai rien de tout cela et je sors peu pour naviguer, si ce n'est pour emmener des amis en initiation. Eux aussi sont emballés et commencent leurs classes à Cergy, base que je trouve idéale pour débuter, car c'est la plus agréable tant au niveau des installations et de la disposition, que de la propreté de l'eau. Pendant ce temps, je furète et cherche une voile pour aller m'éclater par force 3. Je trouve finalement une occase de 8m20. Pas de la super came, mais elle se grée sur un mat de 4,60 et elle n'est pas très chère. Je l'essaye deux fois par 6-7 noeuds de vent à Jabline et, si je ne plane pas, je la trouve puissante et je me dis qu'il n'en faudrait pas beaucoup plus pour que je décolle.
Le 12 aout, 10 à 12 noeuds de sud sont prévus. Je me la raconte et je sors ma nouvelle 8m20. Ben oui, 12 noeuds, c'est juste pour la 6m30, alors je ne vais pas prendre le risque de rester sans planer à la première journée de vent depuis un mois, scrongneugneu ! J'arrive à la base, le vent doit faire un bon force 3. Je grée et je me jette à l'eau. Pas de beachstart, ma 8m est trop lourde et je me fatigue plus à la dresser qu'à la sortir de l'eau au tire-veille. Mes premiers bords sont parfaits, mais la puissance de la voile ne me rassure pas. De plus, j'ai un peu raccourci mes boutes de harnais qui avaient tendance à s'entortiller, mais je me trouve du coup plus près de la voile, et il me faut réhabituer à l'accrochage et au décrochage. Par contre, je trace vraiment sur l'eau et je double d'autres débutants qui ont une plus petite surface que moi. Je jubile ! Mais pas pour longtemps ... Le vent forcissant petit à petit, ma voile me tire de plus en plus dans les bras. Je commence à me dire que je me suis surestimé, mais je n'ai plus le temps de revenir au bord et gréer mon autre voile. Je ne viens que pour deux heures alors si je dégrée, je rentre. Un quart d'heure plus tard, j'ai les bras tétanisés, je n'arrive plus à sortir ma voile de l'eau et, lorsque j'y parviens enfin, je n'ai plus assez de forces pour la border suffisament pour m'accrocher avec le harnais. Je barbotte et je tente le waterstart, comme ça, à l'arrache. De toute façon, dans une demi-heure, il me faudra rentrer, alors perdue pour perdue, autant tenter des trucs lors de cette session. Pas de miracle, je n'arrive à rien, même pas de beachstart dans la Baie des Couillons (le cul de sac face à la mise à l'eau de Jabline où les débutants échouent par vent fort). Enfin, je rentre, éreinté, rincé, au bercail. Ca m'apprendra à vouloir jouer le kéké.
Quinzaine du 16 au 29 aout 2004 : ces 2 semaines sont particulièrement bien ventées. Je sors naviguer 5 fois dont 4 par plus de 10 noeuds. Je commence à moins subir le planning et à plus le contrôler. J'ai troqué mon tire-veille nylon pour un tire-veille à boules qui me facilite la vie. Je termine tout de même crevé chacune des ces sessions, particulièrement la dernière, ce vendredi 27, sous des vents en rafales à Vaires, surtout à cause du relevage de la voile. Il va vraiment falloir que je me mette au waterstart, ne serait-ce que pour ménager mon dos. J'ai utilisé aussi ma 8m20, un jour avec force 3. Je me suis bien amusé avec cette fois-ci.
10eme partie : Vaires, sa faune, sa flore.
Dimanche 5 septembre : pas de vent du tout la semaine passée et aucune dispo pour moi la semaine à venir. Je profite d'un petit force 3 prévu et pars naviguer 4 heures - 2 heures sur l'eau, donc ... Arrivé à Vaires, un petit vent d'Est souffle, dans la longueur du lac. Je grée, me met à l'eau et file en direction du fond du lac pour profiter d'un vent régulier et accéléré sur les 2 km du plan d'eau. Mauvaise idée : le lac n'a pas été entretenu de l'été et il est littéralement envahi d'algues. Pas de celles d'un beau vert pomme qui montent des profondeurs sur une tige unique, non, non. Plutôt les vilaines algues marrons en touffe de 2m de large et autant de profondeur qui rappellent les paquets de poils pubiens qui obstruent l'écoulement de la douche après une scéance rasoir de Madame. Du bonheur pour mon aileron ! Et c'est pourquoi nous nous retrouvons une quinzaine à nous croiser sur une bande de 300m de large presque sans algues au plus près de l'école de voile. En milieu d'après-midi, le vent faiblit et je rentre sans avoir plané. Au niveau progression, je commence à apprivoiser ma 8m. Alors qu'elle avait tendance à partir sans cesse au lof, je commence à savoir l'étarquer pour qu'elle se tienne mieux, et en ravançant un peu le pied de mat, je loffe moins. Je crains aussi moins de me pencher en arrière quand je rebalance la voile vers l'avant pour repartir dans le sens du vent après un virement de bord. Je la tiens mieux et me fais moins arracher à ce moment là.
Semaine suivante, force 4 pendant 3 jours. Malheureusement, je ne me libère qu'une seule journée. Je vais naviguer avec mon pote qui s'y est mis en même temps que moi mais qui est beaucoup moins assidu. Le pauvre galère avec sa voile de 7m. En fin de session je le retrouve au bord et j'essaye sa planche : l'anti-dérapant de sa veloce 310 est mort et combiné au vent soutenu, je comprends sans problêmes qu'il ait du mal !
Pour ma part, j'arrive à planner en 6m30. Ma progression est bien moins rapide. Je n'arrive toujours pas à mettre les pieds dans les straps, mais ma définition de "correctement toilé" augmente petit à petit. Je tiens bien ma voile et je m'améliore au niveau des appuis. Je ne suis pas bloqué, mais je ne franchis plus d'étape chaque mois comme au début de mon apprentissage et je n'ai pas l'impression d'avoir beaucoup progressé depuis le mois de juillet.
Mi septembre, je repars en vacances, cette fois-ci en hotel-club en Thaïlande. Fidèle à ma réputation de chanceux, je reste une fois de plus sur la plage, non faute de vent, mais de matériel cette fois-ci. La-bas, je regarde la météo sur TV5 et je désespère en voyant la superbe depression installée sur la France. A mon retour on me confirmera que "Y avait du vent, c'était carrément bon".
Bien à cran, je déprime en consultant 10 fois par jour windguru, histoire d'être absolument certain qu'il n'y a plus rien de prévu cette semaine. Le dernier vendredi du mois, après 3 semaines de sevrage, je vais à Jabline par 6-7 noeuds de vent et je me fais une petite session promenade avec mon pote à la veloce 310. Pas de planning, mais je beachstarte avec élégance avec ma 8m20 et j'empanne pas super élégament mais efficacement.
Lundi 4 octobre : enfin 12 noeuds de SO de prévus. Cerise sur le gateau, la patronne me donne la journée. Je suis dès 10 heures à Jabline, et je grée 8m vu que les 12 noeuds promis ne sont pas encore arrivés. En 20 minutes, je me trouve surtoilé, les bras tétanisés et je préfère repasser à 6m pour ne pas être hors de forme avant midi. Le vent est très haché mais je tire quelques bords au planning. Je finis par une heure et demie de force 4 avec des alternance de bonnes risées, de passages plus faibles et de gros trous d'air. Je m'apperçois aussi que la plupart de mes chutes sont dues à des moments où je perds mon calme lors du planning et que je laisse ma voile s'ouvrir un peu lors des surventes. En fait, une fois sur 2, je me retrouve vers l'avant et je n'ai plus aucun appui. Je tente alors de tenir ma voile plus en force, plus basculé en arrière, mais il me manque encore l'anticipation des déventes et si je me fais moins catapulter (2 ou 3 fois aujourd'hui), je m'allonge quelques fois sur le dos dans l'eau. Je travaille aussi mon décrochage de harnais. J'alterne deux méthodes : lorsque je suis au planning, la voile a assez de puissance pour que je puisse faire une traction des bras et un petit coup de reins vers le haut suffit pour sortir le crochet de la boucle. Lorsqu'au contraire le vent a faiblit, et que je me retrouve très en avant sur la pointe des pieds, je saisis mon wish de la main avant et de l'autre je décroche mon crochet comme on déboutonne un gland d'une boutonnière (n'y voyez pas là de double-sens). La réussite n'est pas encore de 100% mais je chute quand même nettement moins.
Samedi 9 octobre : 10 noeuds de prévus. Après une nuit de travail, je fais l'effort de me lever vers 13h00. 12 noeuds étant apparement trop pour 8m20, et 8 pas suffisant pour planner, je me dis que 10 noeuds doivent être parfaits. Je vais donc à Vaires, qui, au passage, a vu sa population d'algues diminuer nettement. A mon arrivée, le vent est déja bien tombé, mais j'ai payé, je navigue ! Je grée donc sous l'oeil d'anciens qui font la fine bouche. Au final, le vent n'aura jamais forci - force 2 - et je me tape même la pluie battante sur l'eau. Une bonne après-midi bien pourrie; il n'aurait plus manqué que je choppe la crève.
11eme partie : Ze footstraps
Mercredi 13 octobre : 12 à 14 noeuds de prévus. Je prends ma journée et mes 2 voiles et me rends sur mon spot favori et surtout le plus proche : Jabline. Il commence à faire frisquet et j'ai acheté des mitaines chez Décathlon pour éviter l'onglée. A mon arrivée, personne, 8 noeuds facile. Je conserve mon optimisme et ma détermination et je grée 8m20. La dernière fois, le vieux briscard qui m'avait montré comment gréer ma 6,30 m'a dit que ma voile n'était une nouvelle fois pas assez étarquée au pied de mat et que, comme ma rallonge est au maximum, de retirer la poulie qui, certes, me donne plus de force pour tendre, mais me fait perdre 2 à 3cm de longueur de mat. Je suis donc à nouveau son conseil et je sue comme un boeuf pour tendre à mort ma voile sans poulie. Je la teste à terre : le résultat est probant, ma voile fait moins "sac" et inverse plus facilement son profil quand je la retourne. Je la tends bien au bout du wish parce que je pense que le vent va monter, et je me lance à l'eau. Ca marche mieux et j'arrive enfin à planner avec cette voile. Je lui trouve enfin un comportement similaire à celui que j'avais avec la 6m30, le poids en plus. Au bout d'une heure, je retourne au bord pour enlever les mitaines qui sont de la vraie saleté et me font deux fois plus fatiguer pour agripper mon wish. Je rencontre un type qui navigue rarement sur lac mais souvent en mer. Il me donne des conseils pour chausser les pieds dans les straps, notamment celui de plier mes genoux vers l'avant pour laisser mon centre de gravité vers l'avant juste avant de chausser et de mettre mon pied arrière plus dans l'axe de la planche, le tout pour éviter de faire lofer ma planche nez au vent. Pendant qu'il grée, je tente et j'arrive 2 fois à chausser pour quelques secondes : en effet, j'ai beaucoup de mal à abattre ma voile pour contrebalancer l'effet de lof et gagner de la vitesse. Je le rejoins lors d'une pause et me fais à nouveau conseiller. Avec un autre planchiste (celui qui m'avait vendu ma combi l'hiver dernier), ils règlent mon gréément : avancent mon pied de mat au max (pour cette taille de voile), réhaussent mon wish, reculent mes lignes de harnais et retendent la voile au wish. Je tire à nouveau des bords et ... ça marche ! Je tiens ma voile plus en puissance, et je chausse les straps par moment. Je galère quand même dans les virements de bords à cause du poids de la voile. Bilan de la journée : excellent ! Je pense avoir tenu ma 8,20 dans 12 noeuds vu que d'autres pratiquants plannaient avec 7m50 et j'ai réussi à strapper sur un bord entier. Seul bémol, j'ai tiré le bord de trop alors que je suis bien crevé après 5 heures de navigation et j'ai galéré pour relever la voile par force 4 et regagner la plage.
J'arriverais pas en bas de page, là ?