Carnet de bord

 

 

Re-interlude.

Nous sommes donc au mois de mai, je commence à faire la fine bouche et ne veux plus sortir à moins de 3 beaufort établis. Pour le week-end du 15 mai, la méto annonce beau temps et petit vent. J'ai commencé un travail de prosélytisme dans mon entourage et je décide un ami à s'initier avec moi à la base de Cergy-Neuville. D'autres passeront peut-être nous voir. On se rend donc à la location de planche, et le type lui sort une techno 293 avec plein d'ailerons en dessous et une voile de 5,70m². Hum, je fais la moue, je lui demande si ce n'est pas un peu grand, et le gars répond que non, non, ça devrait le faire. Bon, ok, on verra bien ...

Donc, je refais à mon pote le topo que le moniteur du Club m'avait fait 6 mois plus tôt. Je lui donne comme consigne d'aller jusqu'à la bouée et de repartir. Il monte sur sa planche, leve la voile et part à la petite vitesse. Y a peut-etre que l'écartement des pieds dont j'ai dû oublier de lui parler puisque mon pote avait une position parfaite pour l'équitation sur un percheron. Façon un metre d'empatement pour jambes arquées en voute romane. Je le vois doucement partir et je suis plutôt content du résultat. Hélas, il ne part pas en direction de la bouée, mais en direction de la zone réservée au kayaks ! Du coup, je grée en 8 minutes chrono et je file pour récupérer mon pote que je vois déja embarqué dans le courant d'arrivée du stade d'eau vive - une rivière artificielle pour l'entrainement au rafting et au kayak. Mon pote est à la ramasse, heureuseument, il a pied, et au moment où j'arrive, un moniteur vient en bateau à moteur et nous propose de le sortir de là. Je le remercie en pensant qu'il va le ramener au point de départ. En fait, il s'en débarrasse en l'éloignant au maximum et le lache au milieu du plan d'eau, à 400 metres de ma position, et à contre-vent. Moniteur, je t'ai maudit. Sache-le bien.

Un petit plan valant mieux qu'un long discours ...

Il part de (1). Il rate (completement) la bouée. Il va s'échouer en (2) pendant que je grée en (1). Le "secouriste" rapplique en même temps que moi en (2) et le parachute en (3).

A cet instant, je crains que mon pote au pire se noie, au mieux me haïsse. Je commence donc une remontée au vent laborieuse et je me tire des bords au près pendant une demi-heure. Pendant ce temps, il tire un bon bord au travers, à l'opposé de l'école de voile, se plante au virement de bord et n'arrive plus à repartir dans l'autre sens. Je le rejoins enfin et je lui donne les bons conseils qui lui permettent de rentrer. Au retour à quai, il tient sa voile correctement, malgré le vent qui s'est levé, et a réussi à tenir le cap pour rentrer. Il est content du bilan de la journée et je respire.

Fin de l'interlude.

6eme partie : Ce salaud de harnais.

Le lundi, force 3 à 4, je vais à Vaires et je commence à approcher le planning. Je tiens bien ma voile, mais je recule trop tôt ce qui enfonce l'arrière de ma planche et me ralentit. J'essaie de reculer le plus tard, et soudain, ma planche se met à glisser de droite et de gauche, incontrôlable. Ca ne dure pas longtemps, juste le temps d'une rafale, et je me demande si c'est cela qu'on appelle planner. Je réitère l'expérience, lors d'une session avec un pote qui en fait aux antilles et qui a grosso-modo le même niveau que moi. Je ne vois vraiment pas comment tenir la planche...

Là, le forum de directwind m'a une fois de plus bien aidé, et en ravançant un peu le pied de mat, je garde le contrôle et ...je planne ! Terrible, la sensation. C'est arrivé tout seul, je tenais la voile en extrème équilibre, j'accélèrais, encore, un peu au largue quand tout d'un coup, je suis au dessus de l'eau. Je tiens 5-10 secondes, et je balance la voile à l'eau pour ne pas me retrouver dans les bateau amarrés.

Ensuite, le vent est un peu retombé, je m'entraine au harnais. Ca fait 2 mois que je mets mon harnais pour naviguer et que je n'ai pas réussi à l'accrocher au bout (boute, pas extrémité) du wish. Je baisse le wish, je passe le crochet et je fais corps avec la voile. Ca me fait un peu la même impression que de monter sur un bronco : la voile rue à droite, à gauche et je vais l'embrasser dans l'eau sans avoir réussi à décrocher. Au bout d'une dizaine d'essais, je fais ma première figure de freestyle : le frontside catapulte. Accroché, ou plutôt asujetti, au harnais, je décolle et suis le mouvement pendulaire de mon mat dans une courbe aérienne avant de me crouter tibia en premier dans le nez de ma planche. Bon, j'ai assez appris pour aujourd'hui, je vais rentrer.

Début du mois de juin, les beaux jours sont bel et bien là. J'ai sorti le hamac, et ça sent les grillades et les merguez dans tout le voisinage. Hélas, la chaleur sonne le glas des jours ventés - à l'échelle de la région parisienne, s'entend - et je ne ressors plus. J'attends mes vacances avec impatience et je m'imagine planant dans une baie ensoleillée de la costa brava.

7eme partie : Vacances en Espagne

"Onze mois de l'année passée passés à travailler ... Un repos bien mérité, vivent les congés - congés payés " - Les VRP

Donc me voici enfin en vacances. 15 jours dans une villa près de la mer à Lloret de Mar. Inimaginable pour moi qu'il n'y ait pas de vent, surtout qu'en consultant une carte des spots d'Espagne, Blanès, la ville voisine, y figure avec le conseil de prendre une freeride de 6m². Ca tombe bien, c'est pile mon équipement. Me voici donc parti pour 1000 km à 4 dans une polo et l'inévitable planche à voile. Dur à croire ? Et pourtant ...

Une fois sur place, petite tournée des plages de Lloret en repérage. Peu de vent, et je porte mon choix sur une plage pas "trop" peuplée en face de laquelle je peux garer la voiture. Il y a même de la pelouse pour gréer et une douche pour rincer le matériel. Le seul défaut, je dois m'éloigner au delà des bouées à 200m de la plage en passant par un chenal à partager avec les ferries. Je reviens donc le lendemain armé de ma planche. Cool : aujourd'hui, c'est drapeau jaune, je ne risque pas de téléscoper trop de baigneurs et je m'offre un petit force 3 établi onshore (vent de mer). Idéal pour ma première sortie en mer, me dis-je innocement.

Première difficulté : les rouleaux au bord de l'eau. Impossible de faire de beach start, et je vois avec angoisse ma voile se faire prendre par le rouleau. Je découvrirais d'ailleurs un peu plus tard que j'ai cassé deux lattes dans la bagarre. Ma voile y perd en profil, mais tant que ça flotte, tout va bien ! Je comprends qu'il vaut mieux m'éloigner rapidement du bord et je tire ma planche à la nage au-delà des rouleaux.

Deuxième difficulté : la houle. La baie est agitée de vagues de 30 à 50 cm (à vue d'oeil). Problème pour moi : jamais je n'ai eu autant de houle sur les mares de Seine-et-Marne, et lever ma voile au tire-veille est un vrai calvaire. Enfin, au bout d'une demi-heure, je m'habitue au mouvements du flotteur et j'arrive à rendre plus instinctive ma tenue sur la planche, en prenant plus appui sur la pointe des pieds et moins sur les talons. J'accélère aussi la saisie du wish, et je pars enfin dans les vagues. Quel pied ! Je monte et je descend, je relache ma voile avant de la reborder au rythme des vagues, et je suis super à l'aise. Je ne plane pas, mais qu'importe, puisque je suis déja au nirvana ! Hélas les meilleures choses ont une fin, et au demi-tour, je plante mon virement de bord ainsi que tous les suivants (et ne me parlez pas d'empannages ...) Au bout d'une heure et demie, je suis exténué et je regagne la plage. Le lendemain, même topo, mais avec un vent de coté (sideshore) qui m'évite les remontées au près pour m'éloigner du bord. J'ai trouvé mon bonheur, j'adore les vagues.

Hélas, le vent cesse, et je n'aurais jamais plus de force supérieure à 2-3 des vacances, sauf le jour du départ, bien sûr. Au chapitre des menus emmerdements, je déplore aussi l'oubli sur la plage de mon diabolo, ce qui m'obligera à changer de plaquette de pied de mat et d'embase pour cause d'abandon de standard Bic. Je vais quand même naviguer une demi-douzaine de fois et je fais connaissance avec les secouristes de la plage, les flics aussi ("Cuidado, 200 metres, etc ...") et le mec de la buvette. Les locaux sont super sympas et on discute de windsurf, de snowboard, de kite, de ski nautique, en français, anglais et espagnol selon ce que chacun pratique et la langue qu'il connait.

Bilan des vacances : deux jours de vent, quelques frais de réparations/remplacements, et une petite initiation aux vagues. Pas si mal, déja ...

8eme partie : Harnais, mon ami

Retour en Ile-de-France début juillet. J'ai acheté le "Spécial Manoeuvre" de Planche mag et je le relis 5 ou 6 fois en mimant les mouvements dans le vide. Dehors, temps pourri selon les normes françaises , sauf pour les agriculteurs, les jardiniers et les véliplanchistes. Du vent donc, de la pluie aussi, mais ça n'a pas l'air d'être un problème pour les autres planchistes (à condition d'éviter l'orage et la foudre) donc pas un problème pour moi non plus. 3 jours d'affilée, du vent, de force 4 à 5, rafales à 6. Je ne peux me libérer que le dernier jour et je profite, à Jabline, de la dernière demi-heure de vent de la semaine. Pures sensations ! Dès la sortie de la baie de mise à l'eau, je plane et je m'accroche même au harnais. Hélas, après 2 ou 3 bords, à peine le temps de me mettre en jambes, le vent retombe à force 2/3. Du coup, je rejoins le bord et je m'entraine au beach start, parce que ce n'est vraiment pas acquis pour moi.

En repartant, je discute avec un autre planchiste qui est arrivé trop tard pour aujourd'hui. Je préfère vraiment l'ambiance de Jabline, beaucoup plus détendue et conviviale que Vaires. Enfin, je rentre relever mon beau-père qui a passé un sale après-midi avec mes deux diables. Merci, Maurice, je te revaudrais ça.

Le dimanche suivant, j'esquive une sortie familiale et je file à Cergy pour profiter d'un force 4 annoncé. Effectivement, à mon arrivée, force 3 établi. Le temps est gris, et le lac désert. Je grée et je me lance à l'eau. Je navigue tranquillement avec un type sympa et on tire des bords pépères ensemble. Enfin, le vent se lève. Il durera une heure environ à force 4. Je m'accroche au harnais. Je suis les conseils de PM, à savoir s'accrocher sans regarder ni le bout ni le crochet, et ça marche au poil. Je m'accroche quasi automatiquement. Le vent régulier me donne confiance et je pousse latéralement sur mes jambes pour tirer sur la voile et lors des risées, je plane. Le décrochage est plus problématique et je m'allonge dans la voile plusieurs fois. Au niveau des manoeuvres, là aussi je corrige mes mouvements et je fais des virements de bords en deux pas sur la planche. J'y gagne énormément en stabilité et en rapidité. En bref, une bonne petite session, formatrice.

 

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