Carnet de bord

 

Prélude : Je pars avec ma brune au Club-Med de Cancun. Sur place, il y a moyen de prendre des cours de planche à voile, inclus dans le prix, bien sûr. Les gosses sont restés en France, je décide d'en profiter à fond.

 

1ere partie: La planche en milieu paradisiaque.

 

 

Premier cours. Leçon théorique sur la plage.

"- Alors tu vois, tu montes sur la planche, t'attrapes le tire-veille, tu leves la voile ... blalablabla, blablabla ...tu mets la voile en arrière, et là c'est un peu chaud, tu passes de l'autre coté de la voile et tu la rebalances en avant ...blalablabla, blablabla ... Tu va de la bouée, là, à celle-ci, là. Et si jamais t'es en difficulté, tu te mets debout sur la planche et tu fais comme ça avec tes bras, et je viens te chercher en bateau."

Bien. Donc, au bout de 10 minutes, je suis à l'eau. Le GO m'a sorti un gros paquebot des années 80 d'au moins 200 litres avec une petite voile de 2m70. La planche retenue par une chaine passée dans la fente de la dérive, j'apprends à lever la voile. Pas de problèmes, je l'ai levée au 2eme essai. Etape suivante, laché en conditions réelles. Je vire la chaine, je met la dérive, et je pars, direction les bouées. Le vent est timide, j'avance pas vite, mais j'avance. Viens le délicat moment du virement de bord. C'est effectivement un peu chaud, et je ne fais pas un virage sans aller à la baille. Mais c'est moi qui décide où je vais, et studieusement, je me fais des aller-retours entre les bouées. Au bout d'un moment, je suis crevé et je tombe peut-être 20 fois au même endroit. Qu'importe, je n'appellerais pas au secours. Et finalement, j'arrive à faire mon virage et à rentrer pantelant au départ.

Ca m'a plu; demain, j'y retourne.

Deuxieme cours.

J'augmente la difficulté, je prends une voile de 3m20, et je recommence mes gammes. Je tombe un peu moins, j'essaie de tirer un peu sur la voile, et chuis super fier. De séance en séance, je passe à une voile de 4m20, je vire la dérive, et au final, je réussis quelques virements de bord. Le mono me file quelques conseils, genre me tenir plus en arrière de la planche. Je n'ai encore jamais vu de harnais, et je crois que les footstraps servent à porter la planche.

Le jour du départ, je veux me taper une dernière séance avant de prendre l'avion de retour, mais je trouve plus sage d'aller dégueuler ma téquila et mes nachos de la nuit dernière derrière les cactus avant d'aller à l'eau. Finalement, il y a suffisament de houle à terre et je préfère m'abstenir.

 

2eme partie : retour à Paname.

Nous sommes toujours au mois de décembre, mais il fait, comment dire, moins bon à Paris. Manque de bol, je n'ai plus qu'une envie, retourner naviguer. Je consulte, je cherche, je me renseigne, il est possible de faire de la planche en région parisienne, sur une poignée de plans d'eau (Cf liens). Les tarifs de location sont assez élevés, je trouve, dans les 10€ de l'heure. Rapide calcul : une planche complete d'occase coûte entre 200 et 300€, et à raison d'une session de 2 à 3 heures par semaine, en 3 mois max, je rentabilise mon achat. Allez, me v'la parti à écumer les petites annonces. Au final, après avoir découvert que toutes les planches ne font pas le même volume, je me trouve une occase, une veloce 298 de 137 litres avec une voile de 6m2 et des poussières. Du matos de débutant qui a déja débuté quand même. Pour info (pour ceux qui voudraient tenter l'expérience comme moi), j'ai réussi à m'équiper de pied en cap pour 300€. Enfin bon, ça c'était avant ma première session, mais chaque chose en son temps.

Donc je chine, j'achete, j'aménage mon garage parce que ça prend une place folle, ces choses là, et je guette la météo en attendant des jours meilleurs.

Enfin, le jour J arrive.

15° atmosphérique, du vent qui fait que tous les windsurfers sur les forums se réjouissent, et moi aussi, comme un innocent. Mes gosses sont chez ma mère, ma femme au boulot, la vie est belle. J'arrive à la base de Vaires, et là, un vent à décorner les boeufs... Pas de bile, j'ai peur de rien. Et puis je me dis que je ne risque rien sur un étang. Ceci dit ... Qu'elle me parait loin, cette plage de la mer des caraïbes ou je naviguais au soleil en voyant passer des raies sous ma planche... L'ambiance ici, c'est plutôt ciel gris et peupliers. Enfin bon, c'est pas grave, l'important, c'est d'apprendre pour bien en profiter à mon prochain voyage. Donc j'arrive sur la base. Je vais voir le gardien, il me dit qu'aujourd'hui, c'est gratuit parce qu'il ne fait pas beau. Il me dit où je dois gréer (monter ma voile), et il me donne même un coup de main parce que je m'en sors comme un manche. En fait, c'est la 2eme fois que je grée ma voile. La première, c'était dans mon salon avec un oeil sur le site d'Egui qui m'explique pas à pas comment faire. Le gardien m'informe que je devrais plus étarquer (tendre) au pied du mat. Mais bon, vu que je suis assez mal gaulé et que j'étarque à mains nues, je tends aussi fort que possible, c'est-à-dire pas assez. Il me dit aussi qu'aujourd'hui, il y a force 5 à 6 et que ma planche est peut-être un peu grosse. Je fais la sourde oreille et je mets mon matos à l'eau. Y a que deux types sur l'étang, qui tracent comme des balles.

Un mec sort de l'eau en disant qu'il fait trop froid. Hahaha. Chuis pas une fiotte, moi. J'ai même pas froid. J'essaie de monter sur ma planche, y a de la houle, je tombe à l'eau. Je me redresse, je tente de relever ma voile, je tiens debout une demi seconde, re-plouf. Le vent m'a déja poussé de 10m depuis ma mise à l'eau. Pas de panique, je refais 2 ou 3 essais toujours infructeux et le vent me pousse vers un autre ponton. Là, j'ai mon éclair de lucidité de la journée : je me dis que je n'arriverais jamais à m'en sortir, et qu'il me vaut mieux rentrer. Je m'agrippe au ponton comme je peux, avec la houle ... Au passage, je fais un trou dans ma combi à cause d'un copeau de métal qui dépasse. Je grimpe sur le ponton, le vent souffle toujours aussi fort, et je ne sais pas comment remonter ma planche et ma voile. La planche s'étant déja envolée du toit de la voiture à mon arrivée, je n'ai pas envie qu'elle retombe cette fois-ci dans l'eau et que je sois obligé d'aller la chercher à la nage. Je la pose donc à l'envers sur le ponton, et je porte ma voile jusque sur la berge. Là, je la mets à l'"abri" au milieu des racks de kayaks.

Erreur fatale.

A peine je me retourne pour aller chercher ma planche, ma voile se leve et s'explose dans les racks. Déchirée dans les grandes largeurs. Non seulement, je suis écoeuré de perdre mon matériel, mais en plus, j'imagine les mecs qui m'ont vu se foutant de ma gueule. Vert de rage, je remballe rapidement et je rentre chez moi la queue entre les jambes. Je suis à deux doigts de tout revendre.

 

Retour Accueil Suite